Tu crois encore choisir ce que tu vois sur le web. Tu installes uBlock Origin, tu respires, tu penses être tranquille pour un moment. Microsoft vient de te coller une date de péremption : d'ici la fin de l'année, ton bloqueur ne bloquera plus rien dans Edge. Et personne ne t'a demandé ton avis.
La date est tombée, et elle est proche
Microsoft a enfin confirmé le calendrier que tout le monde attendait. Les avertissements commencent ce mois-ci, les extensions de l'ancienne génération, dites Manifest V2, seront désactivées par défaut d'ici la fin 2026, et les entreprises auront un sursis jusqu'en 2027, rapporte Windows Central. Pour comprendre, un mot de contexte : les extensions des navigateurs fonctionnent sur des plates-formes techniques appelées Manifest. La version 3, MV3, remplace la version 2, et elle prive les bloqueurs de la capacité à intercepter les requêtes réseau avant leur chargement.
Ce n'est pas un détail d'ingénieur. C'est la différence entre ne jamais télécharger une pub et la télécharger puis la cacher. Une différence que chaque personne qui paie sa connexion au mégaoctet, chaque personne qui navigue en itinérance, va sentir directement dans sa facture.
La sécurité, ce prétexte qui arrange tout le monde
L'argument officiel, c'est la sécurité et la performance. MV3 limite les permissions des extensions, donc moins de risques, disent Google et Microsoft. Il y a du vrai là-dedans : certaines extensions MV2 étaient de vraies passoires, et personne ne pleure leur disparition.
Mais ce n'est pas pour ta sécurité que Google a lancé le mouvement, ni pour ta performance que Microsoft le copie. Comme le note Windows Central sans s'avancer, certains pensent que la transition vise surtout à donner plus de contrôle à Google sur la publicité du web. Le conflit d'intérêts est d'une clarté aveuglante : le plus grand réseau publicitaire du monde est aussi celui qui fabrique le moteur que tout le monde utilise.
Et Microsoft suit, parce qu'Edge est construit sur Chromium, le moteur de Google. Un seul chef d'orchestre pour Chrome, Edge, Opera, Vivaldi et une bonne partie du parc mobile : c'est ça, la vraie architecture du web moderne. On ne débat plus, on exécute.
uBlock Origin Lite, ou l'art de faire semblant
On ne te laisse pas sans rien, bien sûr. Il y a uBlock Origin Lite, la version compatible MV3, déjà disponible. Regarde bien ce qu'elle fait : au lieu d'empêcher la pub et les trackers de se charger, elle les cache après coup. Le trafic part quand même, les cookies se posent quand même, les profils se remplissent quand même.
Le message est limpide. On ne veut pas te priver d'un bloqueur : on veut que la pub se charge, se mesure, se monétise. Le reste est cosmétique.
Firefox, le dernier refuge
Reste une planque : Firefox. Le 10 août, le compte officiel de Mozilla a promis sur Bluesky que son soutien à uBlock Origin « ne va nulle part », comme le rapporte PCWorld. Firefox est aujourd'hui le seul grand navigateur hors Chromium à faire tourner le bloqueur en version complète : ni Safari ni DuckDuckGo ne le supportent.

Source : Windows Central / Future, visuel de l'article annonçant la fin de uBlock Origin dans Edge.
Quant à Brave, il promet de garder MV2 vivant, rappelle Windows Central. Mais Brave reste construit sur Chromium : c'est la bonne volonté d'un petit contre l'intérêt d'un géant, et on sait comment ce genre de combat finit en général.
On en parlait cette semaine : Firefox bloque même les publicités nativement sur iPhone.
Et ton droit de ne pas voir de pub, alors ?
Le camp adverse a des arguments, et il faut les entendre. Les bloqueurs de pub affament la presse. Le web gratuit se finance par la publicité. Les créateurs dépendent des revenus publicitaires. Tout ça est vrai, et ça mérite un vrai débat.
Mais regarde qui mène ce débat. Ce ne sont pas les journalistes, ni les créateurs : ce sont les deux plus grandes régies publicitaires du monde qui décident, en silence, que tu n'as plus le choix. Aucun vote, aucune option, aucune loi. Le jour où les pubs auront besoin de ton consentement éclairé, on reparlera du financement du web.
En attendant, la seule réponse pratique est simple : si tu tiens à ton bloqueur, quitte le Chromium avant la panne. Firefox te prendra sans poser de question.
Le web sans pub n'a jamais été gratuit. Il était financé par ta patience, et tu le savais. Ce que Microsoft et Google viennent de t'annoncer, c'est que ta patience leur appartient désormais. La seule chose qui leur échappe encore, c'est le navigateur que tu choisiras. Choisis bien.
Sources
PCWorld, « Firefox is now the last major browser that still supports uBlock Origin », 13 août 2026.
uBlock Origin, dépôt officiel du projet sur GitHub.
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Recherche, relecture et illustration assistées par IA. Le contenu reflète le travail éditorial de la rédaction.




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