Mauvaise nouvelle si tu joues au jeu de combat médiéval For Honor sur Linux ou sur un Steam Deck. Ubisoft a annoncé que, à partir du 10 septembre, le jeu ne sera plus jouable sur la plateforme. En clair, tu ne pourras plus lancer le multijoueur, ni depuis ton bureau Linux, ni depuis ta console portable de Valve. La raison invoquée ? L'anti-triche.
Ubisoft explique en effet qu'il n'arrive pas à « déployer correctement la protection » sur Linux. Comme souvent, la peur des tricheurs justifie une décision qui touche tout le monde, y compris les joueurs honnêtes. Décortiquons ce qui se passe vraiment.
Ce qui change concrètement
For Honor, sorti en 2017 et toujours soutenu par des mises à jour saisonnières, sera donc bloqué sur Linux et sur le Steam Deck à partir du 10 septembre. Jusqu'ici, le jeu était parfaitement jouable : Ubisoft avait activé le support d'Easy Anti-Cheat pour la plateforme dès juillet 2023, et les parties en ligne fonctionnaient.
La date n'est pas anodine : c'est le même jour que l'arrivée des modes compétitifs classés du jeu, le Ranked Dominion et le Ranked Duel. Ubisoft précise qu'il « souhaite renforcer un environnement compétitif équitable » et introduire de nouvelles mesures de sécurité pour les joueurs.
L'anti-triche, éternel prétexte
Ubisoft affirme qu'il « ne peut pas déployer correctement la protection » sur Linux. Pourtant, Easy Anti-Cheat, la solution anti-triche développée par Epic Games, supporte officiellement Linux depuis 2021, notamment pour les logiciels de compatibilité comme Wine et Proton. C'est d'ailleurs via Proton que la plupart des joueurs font tourner leurs jeux Windows sur leurs machines Linux.

Capture d'écran de For Honor, extraite de l'article de GamingOnLinux.
Le problème, c'est que ce discours, on l'entend encore et encore. D'autres gros studios ont déjà pris la même décision : c'est le cas d'Apex Legends, banni des plateformes Linux et Steam Deck en 2024 par EA et Respawn, ou du mode en ligne de GTA V. À chaque fois, le même refrain : les tricheurs seraient trop difficiles à surveiller sur Linux, qui reste une part minime des joueurs.
Ubisoft ouvre une porte… puis la referme
Ce qui agace particulièrement les joueurs Linux, c'est que le studio avait lui-même ouvert ce support. En juillet 2023, Ubisoft activait officiellement Easy Anti-Cheat sur le Steam Deck, faisant de For Honor l'un des rares gros jeux multijoueurs jouables sur la machine portable de Valve. Aujourd'hui, le studio ferme cette porte en évoquant des raisons de sécurité.
Dans son communiqué, Ubisoft promet tout de même « continuer d'étudier différentes façons d'améliorer notre anti-triche, avec la possibilité de rouvrir la plateforme à l'avenir ». Une phrase volontairement évasive qui ne garantit rien et qui ressemble davantage à une porte de sortie qu'à un engagement.
Les tricheurs survivent, eux
Le plus ironique dans cette histoire, c'est que retirer le jeu de Linux ne fait pas disparaître les tricheurs pour autant. Ceux-ci restent massivement présents sur Windows, la plateforme où se trouve la grande majorité des joueurs. Bloquer toute une plateforme pour un problème surtout présent ailleurs, c'est une décision qui punit des joueurs honnêtes sans régler grand-chose.
Pour les joueurs Linux et Steam Deck, l'alternative reste les jeux plus ouverts à la plateforme, comme le racontait notre article sur Proton 11.0-2, la couche de compatibilité qui fait tourner les jeux Windows sur Linux.
For Honor rejoint donc la liste grandissante des jeux inaccessibles sur Linux. Une tendance qui interroge l'avenir du jeu vidéo sur la plateforme, même si le Steam Deck, lui, continue d'attirer de nouveaux joueurs chaque année.
Une décision qui ne convainc personne
Au final, Ubisoft nous rappelle une triste évidence : la place de Linux dans le jeu vidéo reste fragile, même quand la technologie est prête. L'anti-triche supporte Linux depuis des années, et pourtant, dès qu'un studio estime que « la protection n'est pas à la hauteur », c'est toute une plateforme qui écope. Espérons que la liste des jeux bloqués n'embarquera pas trop loin, car les joueurs Linux, eux, n'ont plus grand-chose à perdre.
Sources
GamingOnLinux — l'article qui raconte l'annonce d'Ubisoft et la date du blocage.
It's FOSS — l'analyse des précédents et du rôle de l'anti-triche.
Le site officiel d'Ubisoft — le communiqué et la FAQ Ranked.
Neowin — le contexte sur Easy Anti-Cheat et les précédents.
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Recherche, relecture et illustration assistées par IA. Le contenu reflète le travail éditorial de la rédaction.




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