Illustration d'un disque de sauvegarde chiffré avec un bouclier, style tech sombre

Comment sauvegarder tes fichiers avec restic

Sauvegarde tes fichiers en toute sécurité avec restic : chiffrement, déduplication et automatisation en une demi-heure, sur disque externe ou serveur.

Tu as des photos, des documents, des projets qui n'existent qu'à un seul endroit sur ton disque. Le jour où ce disque lâche, tout disparaît. restic est un outil open source qui règle ce problème simplement : il chiffre tes fichiers, les sauvegarde sur un disque externe ou un serveur, et ne retransmet que ce qui a changé à chaque fois. Voici comment le mettre en place en une demi-heure.

Le logo de restic, l'outil open source de sauvegarde chiffrée

Logo restic — le site officiel du projet, restic.net.

De quoi tu as besoin

  • Un ordinateur Linux, macOS ou Windows (restic est un seul fichier exécutable, pas de serveur à installer).
  • Un disque externe, une clé USB ou un serveur distant pour stocker les sauvegardes.
  • Un mot de passe fort, que tu garderas précieusement : sans lui, impossible de restaurer tes données.
  • La version 0.19.1, la dernière en date (juillet 2026), qui apporte des correctifs de stabilité.

Étape 1 : installer restic

Sur Linux, le plus simple est de passer par le gestionnaire de paquets de ta distribution. Sur Debian ou Ubuntu :

sudo apt install restic

Sur macOS, avec Homebrew :

brew install restic

Sur Windows, télécharge le fichier exécutable depuis la page des versions du projet et place-le dans un dossier de ton choix. Vérifie que tout est en place :

restic version

Tu dois voir s'afficher un numéro de version. Si c'est le cas, restic est prêt.

Étape 2 : créer le dépôt de sauvegarde

Un dépôt (repository) est le conteneur chiffré où restic range tes sauvegardes. Crée-le sur ton disque externe, par exemple monté sur /mnt/backup :

restic -r /mnt/backup/restic-repo init

restic te demande de choisir un mot de passe. C'est lui qui chiffre toutes tes données : note-le dans un gestionnaire de mots de passe, car il n'existe aucun moyen de le récupérer s'il est perdu. Une fois le dépôt créé, tu peux vérifier qu'il est sain :

restic -r /mnt/backup/restic-repo check

Étape 3 : lancer ta première sauvegarde

La commande backup crée un instantané (snapshot) de ce que tu veux protéger. Sauvegardons ton dossier personnel :

restic -r /mnt/backup/restic-repo backup ~/Documents

restic scanne le dossier, chiffre les fichiers et les envoie dans le dépôt. À la fin, il affiche un identifiant de snapshot, une suite de caractères hexadécimaux qui représente cette sauvegarde précise. La première fois, tout est envoyé ; les fois suivantes, seuls les fichiers modifiés le seront. C'est la déduplication : restic ne stocke chaque morceau de donnée qu'une seule fois.

Étape 4 : automatiser avec une tâche planifiée

Une sauvegarde manuelle, on l'oublie. Pour qu'elle tourne toute seule, crée une tâche planifiée. Sur Linux, ajoute une ligne à ton crontab :

crontab -e

Puis ajoute cette ligne pour une sauvegarde quotidienne à 2 h du matin :

0 2 * * * restic -r /mnt/backup/restic-repo backup ~/Documents

Le mot de passe du dépôt doit être fourni automatiquement. Crée un fichier contenant le mot de passe, protège-le avec des droits stricts, puis indique-le à restic avec la variable d'environnement RESTIC_PASSWORD_FILE :

echo 'ton-mot-de-passe' > ~/.restic-pass
chmod 600 ~/.restic-pass
0 2 * * * RESTIC_PASSWORD_FILE=~/.restic-pass restic -r /mnt/backup/restic-repo backup ~/Documents

Étape 5 : garder le dépôt propre avec forget et prune

Les sauvegardes s'accumulent et finissent par remplir le disque. restic permet de définir une politique de conservation : combien de sauvegardes quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles tu veux garder. La commande forget supprime les anciens instantanés selon cette politique, et prune libère l'espace des données devenues inutiles :

restic -r /mnt/backup/restic-repo forget --keep-daily 7 --keep-weekly 4 --keep-monthly 6 --prune

Cette ligne garde les 7 dernières sauvegardes quotidiennes, les 4 dernières hebdomadaires et les 6 dernières mensuelles, puis nettoie le dépôt. Ajoute-la à ta tâche planifiée, juste après la sauvegarde, pour que le nettoyage soit automatique.

Vérifier que ça fonctionne

La preuve qu'une sauvegarde est bonne, c'est qu'on peut la restaurer. Liste d'abord tes instantanés :

restic -r /mnt/backup/restic-repo snapshots

Puis restaure le plus récent dans un dossier de test :

restic -r /mnt/backup/restic-repo restore latest --target /tmp/restore-test

Si tes fichiers réapparaissent dans /tmp/restore-test, ta sauvegarde est fonctionnelle. Fais ce test au moins une fois par mois : une sauvegarde qu'on n'a jamais restaurée n'est pas une sauvegarde.

Limites et pièges

  • Le mot de passe est irrécupérable. Perdu, et tes données chiffrées restent inaccessibles à jamais. Stocke-le dans un gestionnaire de mots de passe.
  • Un disque externe branché en permanence ne protège pas contre un vol ou un incendie. Pour une vraie sécurité, ajoute une copie sur un serveur distant ou un second disque conservé ailleurs.
  • La commande prune peut être longue et verrouille le dépôt pendant son exécution : planifie-la à un moment où aucune sauvegarde ne tourne.
  • Si tu sauvegardes des bases de données, sauvegarde les fichiers de la base, pas seulement le dossier qui la contient, pour éviter des copies incohérentes.
  • restic ne fait pas de sauvegarde système complète (image disque). Pour ça, il existe d'autres outils ; restic excelle sur les fichiers et dossiers.

Conclusion

En une demi-heure, tu as un système de sauvegarde chiffré, dédupliqué et automatisé qui tourne tout seul. Le plus dur n'est pas de l'installer, c'est de penser à vérifier de temps en temps qu'une restauration fonctionne. Fais-le une fois, et tu dormiras mieux.

Sources

restic.net — le site officiel du projet, avec la présentation et les liens vers la documentation.

La documentation officielle de restic, section Sauvegarder, qui détaille les commandes backup et la déduplication.

La documentation officielle, section Supprimer les instantanés, qui explique forget et prune.



Recherche, relecture et illustration assistées par IA. Le contenu reflète le travail éditorial de la rédaction.

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