Omarchy, la distribution Linux de David Heinemeier Hansson — le créateur de Ruby on Rails et de Basecamp, qu'on appelle DHH — vient de passer en version 4.0, et c'est sa plus grosse mise à jour depuis le début du projet. Concrètement : tout le bureau a été réécrit dans un seul programme. La barre, le lanceur, les notifications, les menus, l'écran de verrouillage, tout tient désormais dans un shell unifié, avec des plugins. Si tu n'as jamais entendu parler d'Omarchy, c'est le moment de t'y intéresser : cette distro veut rendre Linux beau et fonctionnel sans que tu passes trois soirées à tout configurer.
Un bureau entier dans un seul programme
Avant, le bureau d'Omarchy empilait une dizaine de petits outils séparés : Waybar pour la barre, Walker pour le lanceur, Mako pour les notifications, hyprlock pour le verrouillage, et j'en passe. Chacun avec sa config, son thème, ses bizarreries. La version 4.0, baptisée Quattro, remplace tout ça par un seul processus, construit avec Quickshell, qui héberge la barre, le lanceur, les menus, les notifications, les indicateurs à l'écran, les panneaux de contrôle, le verrouillage et même l'agent polkit. Résultat : un bureau cohérent, entièrement thématisable, et scriptable via IPC.
La barre devient modulaire : tu la déplaces sur n'importe quel bord de l'écran en la faisant glisser, tu ajoutes des widgets — météo, batterie, réseau, média, micro, indicateurs de mode ne pas déranger, d'enregistrement d'écran, de rappels — et tu peux installer des plugins tiers directement depuis le terminal avec omarchy plugin add. Le lanceur et la recherche sont fusionnés dans un seul menu (Super + Espace), l'historique des notifications est rejouable, et le presse-papiers gère les aperçus d'images en excluant ce que tu marques sensible.

Capture : le thème Tokyo Night dans le sélecteur de thèmes d'Omarchy, extrait du manuel officiel — https://learn.omacom.io/2/the-omarchy-manual — image originale : https://learn.omacom.io/u/tokyo-night-yN9jzd.png
Côté look, Omarchy pousse le concept de thème loin : une palette de 24 couleurs sémantiques alimente le bureau, le terminal, Neovim, VS Code et btop en même temps. Un sélecteur visuel de thèmes (Super + Maj + Ctrl + Espace) permet de prévisualiser chaque ambiance avant de l'appliquer, et les réglages de taille de texte, de transparence ou de coins arrondis s'appliquent partout d'un seul geste.
Installer en une minute, même à côté de Windows
La version 4.0 s'attaque aussi au moment le plus pénible : l'installation. L'ISO passe sous 6 Go, l'installation gagne 30 % de vitesse — des installations en moins d'une minute deviennent possibles sur du matériel rapide — et l'installeur propose maintenant le double démarrage quand de l'espace libre est disponible. Un détail qui change tout si tu hésites à quitter Windows sans le jeter.

Capture : l'écran d'installation d'Omarchy, extrait du manuel officiel — https://learn.omacom.io/2/the-omarchy-manual — image originale : https://learn.omacom.io/u/omarchy-install-k5Iksv.png
Deux nouveautés pensées pour la seconde main : l'installeur peut préparer la machine pour un futur propriétaire, et une réinitialisation d'usine (Setup > Reset Computer) permet d'effacer proprement le système avant de revendre ou d'offrir l'ordinateur. Pour les laptops, la gestion du clapet avec un moniteur externe s'améliore nettement, et des réglages audio dédiés aux Dell XPS 2026 sont inclus.
Des applis simples et un agent IA intégré
Omarchy 4.0 embarque trois applications maison taillées pour la simplicité : Omawrite pour écrire en Markdown, Omacut pour couper une vidéo sans ouvrir un monteur complet, et Omacalc pour les calculs rapides. Le terminal par défaut devient Foot, plus léger, et le client Moonlight pour le streaming de jeux est préinstallé.
Le pari le plus marquant, c'est l'agent IA intégré. Dans les réglages, tu choisis ton agent de codage préféré — Claude Code, Codex, OpenCode, Gemini, Grok, Copilot, et d'autres — et un raccourci le lance dans son propre environnement, en gardant la trace de son travail. La barre peut même afficher la consommation de crédits des principaux agents. C'est une réponse concrète à la question que tout le monde se pose : comment utiliser un agent IA sans qu'il fasse n'importe quoi dans ton système.
Pour qui, vraiment ?
Omarchy s'adresse à celles et ceux qui veulent un Linux moderne qui marche sans configuration infinie, et qui acceptent qu'une vision soit assumée à leur place. C'est une Arch Linux sous le capot — puissante, rapide, à jour — mais les choix par défaut sont faits par l'équipe du projet. Comme le montrent nos tests de Manjaro 26.1 et d'AnduinOS 2.0, chaque distribution fait un pari différent : Omarchy parie sur la simplicité assumée.
Les limites sont claires : la philosophie « opinionated » ne plaît pas à tout le monde, le projet reste piloté principalement par DHH avec une communauté jeune, et le matériel très récent est privilégié dans les réglages. Si tu veux contrôler chaque détail toi-même, tu seras mieux avec une distribution plus neutre. Si tu veux un bureau qui ressemble à un produit fini, installé en une minute, cette mise à jour vaut une après-midi d'essai.
Omarchy 4.0 ne va pas convertir tout le monde — et ce n'est pas le but. Mais un bureau entier qui tient dans un seul programme, une installation qui prend une minute et un agent IA domestiqué, c'est exactement le genre de cap qui fait regarder Linux autrement.
Sources
Notes de version officielles d'Omarchy 4.0, dépôt GitHub basecamp/omarchy, 14 août 2026 : https://github.com/basecamp/omarchy/releases/tag/v4.0.0
Phoronix — annonce de la sortie d'Omarchy 4.0 : https://www.phoronix.com/news/Omarchy-4.0-Released
Site officiel du projet : https://omarchy.org
Manuel officiel d'Omarchy (sources des captures) : https://learn.omacom.io/2/the-omarchy-manual
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Recherche, relecture et illustration assistées par IA. Le contenu reflète le travail éditorial de la rédaction.




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