Tu veux essayer Linux sans passer trois jours à apprendre où se cache chaque réglage ? AnduinOS 2.0 vise exactement ce public : les personnes qui veulent un bureau familier, des applications faciles à installer et une transition moins brutale depuis Windows. Cette distribution libre, basée sur Ubuntu 26.04, est sortie le 30 juin avec GNOME 50 et le noyau Linux 7.0. Elle promet aussi de mieux accueillir les logiciels Windows et Android. Promesse intéressante, mais pas passe-droit magique : certains programmes resteront capricieux, et ton matériel doit être compatible.
L’intérêt n’est donc pas de créer un nouveau Linux pour experts. AnduinOS essaie plutôt d’emballer une base Ubuntu connue dans une interface proche des habitudes de Windows, avec Flatpak pour les applications graphiques et sans Snap par défaut. Si tu veux recycler un PC, tester un autre système ou reprendre un peu de contrôle sur tes données, le projet mérite un coup d’œil. Si tu attends une copie parfaite de Windows, tu risques surtout de découvrir que les habitudes ont des angles morts.
Un bureau familier, sans le labyrinthe habituel
AnduinOS reprend Ubuntu comme base logicielle. Cela signifie que tu bénéficies d’un catalogue de paquets très large, d’une documentation abondante et d’une compatibilité matérielle héritée du projet amont. Par-dessus, l’équipe propose un bureau GNOME 50 configuré pour rester lisible : menu d’applications, panneaux accessibles et réglages présentés sans te demander de connaître le nom du service qui tourne derrière.
Le choix de Flatpak est concret. Les applications graphiques sont installées dans des paquets isolés qui peuvent limiter leur accès aux fichiers, au réseau ou aux périphériques. Tu peux ainsi installer un lecteur vidéo, un logiciel de dessin ou une messagerie sans mélanger autant leurs fichiers avec le cœur du système. Ce n’est pas une garantie de sécurité absolue, mais c’est plus compréhensible qu’une procession de commandes copiées depuis un forum datant de 2014.

Visuel : aperçu officiel de l’environnement et des usages mis en avant par AnduinOS. Source : AnduinOS, page officielle du projet, https://www.anduinos.com/ — fichier original : https://www.anduinos.com/sc.webp
Windows et Android : utile, mais pas universel
La nouveauté la plus visible d’AnduinOS 2.0 concerne la cohabitation avec les logiciels venus d’ailleurs. La distribution s’appuie sur Wine pour lancer certaines applications Windows, tandis que des outils compatibles avec Android peuvent compléter l’expérience. Pour quelqu’un qui hésite à quitter Windows à cause d’un logiciel précis, cette compatibilité peut faire la différence entre « je teste » et « je reste finalement sur mon ancien système ». Mais le mot important est « certaines ».
Wine ne transforme pas chaque programme Windows en application Linux native. Les logiciels qui dépendent de pilotes particuliers, de protections contre la copie ou d’un matériel spécialisé peuvent mal fonctionner, voire refuser de démarrer. Même chose pour Android : la compatibilité dépend de la méthode utilisée, des permissions et de l’application concernée. Vérifie donc tes deux ou trois programmes indispensables avant d’effacer ton ancien système, plutôt que de faire confiance à une capture d’écran optimiste.
Une base pensée pour les PC ordinaires
AnduinOS 2.0 vise les machines x86_64, c’est-à-dire l’immense majorité des PC Intel et AMD. Le projet annonce 4 Go de mémoire vive et 20 Go d’espace disque au minimum, avec 8 Go de mémoire et 50 Go recommandés. L’image d’installation pèse environ 2,53 Go et peut démarrer depuis une clé USB. Tu peux donc l’essayer sans installer quoi que ce soit, à condition de garder une sauvegarde de tes fichiers importants.
Le système prend aussi en charge le démarrage sécurisé et affiche un support du noyau Linux 7.0. Ce sont de bons signaux pour une machine récente, mais pas une promesse que chaque carte Wi-Fi, imprimante ou périphérique exotique fonctionnera instantanément. Le meilleur test reste une session USB : réseau, son, veille, écran externe et imprimante doivent être contrôlés avant toute installation. La compatibilité annoncée sur une page web ne remplacera jamais le port USB de ton propre PC.
Ce que tu gagnes vraiment
Le premier gain est la simplicité. Les applications peuvent venir de Flatpak ou des paquets Ubuntu, le bureau reste proche de repères connus et la base permet de réutiliser une grande partie des guides Ubuntu. Le deuxième gain est la durée de vie : un ordinateur qui ne reçoit plus les nouvelles versions de Windows peut encore servir pour le web, la bureautique, la musique ou un petit serveur personnel. Le troisième est la confidentialité revendiquée par le projet, qui annonce ne pas intégrer de télémétrie et distribue le système sous GPLv3.
Il faut toutefois garder la tête froide. AnduinOS est un projet plus petit qu’Ubuntu, avec une communauté et des moyens plus limités. Une distribution qui mise beaucoup sur une interface personnalisée doit maintenir ses thèmes, ses scripts et ses outils maison à chaque évolution de la base. Avant de l’installer sur une machine de production, regarde la fréquence des mises à jour, la documentation et la façon dont sont publiées les images.
Le bon plan pour tester sans se piéger
Commence par télécharger l’image depuis le site officiel, vérifie sa somme de contrôle si elle est fournie et démarre-la depuis une clé USB. Essaie tes usages réels : navigateur, vidéo, imprimante, stockage de photos, jeu et logiciel Windows indispensable. Si tout passe, installe sur un disque secondaire ou après une sauvegarde complète, pas après un clic rageur sur « remplacer le système ».
AnduinOS 2.0 ne rend pas Linux identique à Windows, et c’est finalement une bonne nouvelle. Il rend surtout l’essai moins intimidant, garde une porte vers l’écosystème Ubuntu et ajoute quelques passerelles vers les applications que tu connais déjà. Pour recycler un PC ou sortir d’un système devenu trop lourd, c’est une option crédible. Pour remplacer chaque logiciel propriétaire au pixel près, il faudra encore négocier avec la réalité, ce vieux logiciel qui ne lit jamais les notes de version.
Sources
AnduinOS, page officielle du projet et caractéristiques d’AnduinOS 2.0, 30 juin 2026 : https://www.anduinos.com/
AnduinOS, dépôts et versions publiées avec notes de changement : https://github.com/Anduin2017/AnduinOS/releases
ZDNET, présentation indépendante d’AnduinOS 2.0 et de sa compatibilité Windows/Android, 5 août 2026 : https://www.zdnet.com/article/the-latest-release-of-anduinos-makes-running-windows-and-android-apps-on-linux-easy/
—
Recherche, relecture et illustration assistées par IA. Le contenu reflète le travail éditorial de la rédaction.




No comments yet