T'as déjà cliqué sur un lien X, l'ancien Twitter, pour tomber sur un mur te demandant de te connecter ? Depuis le 24 août, c'était pire : les derniers endroits qui permettaient encore de lire des tweets sans compte avaient carrément disparu. X Corp, la société d'Elon Musk, avait envoyé des mises en demeure aux instances de Nitter, l'interface open source qui rendait ce contournement possible, et jusqu'au dépôt du projet. Hier soir, rebondissement : après avoir consulté des avocats, le projet annonce qu'il continue. Et XCancel, l'un des miroirs les plus utilisés, est déjà de retour en ligne. J'ai vérifié ce matin : il sert bien des tweets, sans compte, sans publicité.
C'est une petite victoire pour celles et ceux qui refusent de se connecter pour lire trois lignes. Et un signal inattendu dans la guerre que mènent les plateformes contre les outils qui les contournent.
Ce qui s'est passé depuis le 24 août
Les faits. Le 24 août 2026, X Corp fait partir des mises en demeure, ces lettres d'avocats qui exigent une action sous peine de poursuites, aux opérateurs des principales instances Nitter et au développeur du projet lui-même. Objectif : une suppression définitive, pas un simple retrait temporaire. Dans les jours qui suivent, les sites s'éteignent les uns après les autres, et le README du projet affiche l'avis de mise en demeure. Les médias s'en font l'écho : pour Forbes, c'est la fin des miroirs de Twitter ; pour Techdirt, X vient de tuer les dernières façons de lire des tweets sans être pisté.

Source : l'avis officiel affiché sur Nitter
Puis, le 6 septembre au soir, un commit sobrement intitulé « Nitter lives » modifie le dépôt. La note du README passe d'un constat d'abandon à une annonce : « Suite à un avis juridique, le projet Nitter continuera. » Le site nitter.net affiche désormais un avis daté du 7 septembre : l'instance et les autres seront de nouveau opérationnelles sous peu, et une annonce complète est promise d'ici une semaine, une fois les détails divulguables.
Ce que dit le projet
Rien de plus, pour l'instant. Ni le texte de l'avis juridique, ni la nature de l'argument qui a convaincu les avocats du projet. Le développeur, qui maintient Nitter depuis 2019, promet des précisions dès qu'il pourra en dire plus. Ce qui est sûr tient en trois points : le dépôt est de nouveau actif, le projet revendique toujours sa licence AGPLv3 (la licence libre qui impose à toute instance, même modifiée, de publier son code), et la reprise est officiellement engagée. Le dépôt dépasse d'ailleurs les 14 000 étoiles sur GitHub, signe que la communauté n'est pas partie.
Pourquoi X Corp s'acharne sur un site de lecture
Petit rappel du principe, parce que c'est là que tout se joue. Nitter n'héberge aucun tweet : c'est un front-end, une interface alternative qui va chercher les publications publiques de X pour les réafficher dans une page épurée. Pas de JavaScript, pas de publicité, pas de compte à créer, et surtout pas d'envoi de tes données à la plateforme. Une instance, c'est simplement un serveur qui fait tourner ce logiciel, et un miroir comme XCancel en est une version publique.
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Source : le dépôt officiel Nitter sur GitHub
Tu vois le problème du point de vue de X : chaque page lue via Nitter est une page où l'on ne vend ni publicité, ni abonnement, ni données. La mise en demeure est l'arme classique contre ce genre d'outils, et elle avait fonctionné à la lettre. Sauf que le projet a demandé conseil à des avocats, et que l'avis rendu autorise visiblement à continuer. Sur quoi repose cet avis ? Mystère pour l'instant. Mais le rapport de force a changé.
Ce que ça change pour toi
- Tu peux déjà relire un lien X sans compte ni pistage : XCancel répond, et les autres instances reviennent dans les prochains jours ;
- Si tu auto-héberges, le logiciel reste libre et installable chez toi, avec Redis et Docker, indépendamment des instances publiques ;
- Les flux RSS par instance existent toujours, même s'ils sont souvent désactivés sur les serveurs publics à cause des abus ;
- Attention quand même : les détails juridiques ne sont pas publics, et l'annonce promise sous une semaine pourrait préciser des limites.
C'est la même bataille que celle des outils anti-censure, dont on suivait le mode stealth de Proton VPN sur Linux. Lire sans être pisté, c'est un usage légitime ; encore faut-il que les outils qui le permettent survivent aux avocats des plateformes.
Onze jours de silence, une mise en demeure restée sans suite publique, et un projet open source qui reprend la main. X Corp a démontré qu'elle pouvait faire disparaître un site en une lettre d'avocats. Nitter vient de démontrer l'inverse : parfois, il suffit de consulter les bons avocats pour rallumer les serveurs. Rendez-vous dans une semaine pour l'annonce promise.
Sources
Le dépôt GitHub de Nitter : le commit « Nitter lives » du 6 septembre et la note officielle du README.
L'avis officiel affiché sur Nitter : la page d'accueil du site, avec l'avis du 24 août et son point de situation du 7 septembre.
Techdirt : le contexte de l'offensive d'X Corp contre les derniers miroirs de Twitter.
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Recherche, relecture et illustration assistées par IA. Le contenu reflète le travail éditorial de la rédaction.




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