Illustration NumeriBrain : transfert direct entre smartphone et ordinateur

LocalSend : le AirDrop libre qui envoie tes fichiers sans Internet

Envoie tes fichiers du téléphone au PC en deux clics, sans câble, sans cloud ni compte. LocalSend, l’appli libre qui fait mieux qu’AirDrop, sans Internet.

Tu veux passer une photo de ton téléphone à ton PC. Pas de câble sous la main. Alors tu fais comme tout le monde : tu t’envoies le fichier par e-mail, à toi-même. Ton fichier part chez un géant américain, traverse des datacenters, et revient se poser trente centimètres plus loin.

Avoue, tu l’as déjà fait. Tout le monde l’a fait.

LocalSend règle ce problème en deux gestes. Tu ouvres l’appli sur les deux appareils, tu choisis ton fichier, tu tapes sur le nom du PC qui s’affiche à l’écran. Boum. Le fichier est transféré, et il n’a jamais quitté ton Wi-Fi.

C’est une application libre, au code ouvert sous licence Apache 2.0, qui tourne sur Windows, macOS, Linux, Android, iOS et Fire OS. Elle vient de dépasser les 90 000 étoiles sur GitHub, et sa mise à jour d’août 2026 lui a donné une seconde jeunesse.

Pourquoi envoyer un fichier reste un casse-tête

Chaque écosystème défend sa solution maison. AirDrop ne parle qu’aux appareils Apple. Quick Share vient de Google et privilégie Android et Windows. Le cloud, lui, accepte tout le monde, mais il réclame un compte, une connexion Internet, et il dépose une copie de tes fichiers sur un serveur que tu ne contrôles pas.

Le comble, c’est que tes appareils sont déjà voisins. Ton téléphone et ton PC communiquent en permanence avec ta box. Mais sans un outil commun, impossible de leur faire passer un fichier directement. Les solutions officielles passent presque toutes par Internet, même quand l’émetteur et le destinataire sont dans la même pièce.

LocalSend prend le problème à l’envers : tes appareils se suffisent à eux-mêmes. Pas de compte, pas de serveur, pas de cloud. Ton réseau local, celui que tu paies et que tu contrôles, suffit à tout faire circuler.

Comment ça marche, sans serveur ni compte

Sous le capot, LocalSend installe un petit serveur web sur chaque appareil. Quand tu envoies un fichier, l’appli de ton téléphone dépose simplement une requête web sur le serveur de ton PC, avec le fichier à l’intérieur. Ce mode d’échange entre programmes porte un nom : une API REST, une convention qui laisse deux applications communiquer avec des requêtes web classiques, sans fil propriétaire.

Tout part chiffré en HTTPS, le protocole des sites sécurisés. Chaque appareil génère son propre certificat de sécurité à la volée, puis signe lui-même ses échanges. Aucun tiers ne peut lire ou relayer quoi que ce soit.

Pour se repérer, les applis se répondent automatiquement sur le port 53317, la porte standard du protocole LocalSend. Si un pare-feu bloque ce port, plus personne ne se voit : c’est le premier réglage à vérifier en cas de pépin.

Le protocole lui-même est documenté publiquement, et sa version 2 sert de socle à la nouvelle interface en ligne de commande. Rien n’est enfermé, rien n’est propriétaire.

Ce que la mise à jour d’août change vraiment

Deux versions sont sorties en août 2026 : la 1.18.0 le 10 août, la 1.18.2 le 21 août. Et leur contenu dépasse largement le simple correctif de rigueur.

La grande nouveauté, c’est l’arrivée d’une interface en ligne de commande, localsend-cli. Le cœur réseau et la gestion des fichiers ont été entièrement réécrits en Rust, un langage réputé pour sa vitesse, et cette réécriture profite autant à l’appli graphique qu’au terminal. Le projet annonce des transferts plus rapides, avec une vérification d’intégrité des fichiers activée par défaut.

Autre idée maligne : recevoir via un lien. La machine qui reçoit ouvre une page dans son navigateur, et tu y glisses tes fichiers en glisser-déposer. Bien pratique quand tu ne veux (ou ne peux) rien installer sur le téléphone de ta mère.

  • La prise en charge d’IPv6, le format d’adresse de nouvelle génération.
  • Les transferts en arrière-plan sur Android : plus besoin de garder l’écran allumé pendant un gros envoi.
  • L’arrivée de LocalSend dans le menu de partage de Windows, comme une vraie application du système.
  • Un raccourci de lancement dans les réglages rapides d’Android.
  • Un choix de couleur d’interface personnalisé.

Côté sécurité, la 1.18.2 refuse désormais de suivre les redirections HTTP envoyées par les pairs, une parade classique contre les redirections piégées. Le projet signale aussi une limite passagère : l’installateur Windows EXE n’est pas encore publié pour cette version, problème suivi sous le numéro 3270.

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Sur le bureau, chaque fichier reçu affiche son état et sa progression.

Source : LocalSend, capture officielle du site du projet.

L’installer en cinq minutes

Le projet recommande de passer par une boutique d’applications ou un gestionnaire de paquets, tout simplement parce que l’appli ne se met pas à jour toute seule. Windows : Microsoft Store, ou winget, scoop et chocolatey. macOS : App Store, Homebrew, ou le DMG. Linux : Flathub, Snap, Nixpkgs, l’AUR, ou les paquets DEB et AppImage. Android : Play Store ou F-Droid. iOS : App Store.

Reste le pare-feu, souvent la seule vraie manipulation. Sur Linux, le dépôt donne les commandes pour ouvrir la porte du protocole :

  • Avec ufw : sudo ufw allow 53317
  • Avec firewalld : sudo firewall-cmd --permanent --add-port=53317/tcp puis sudo firewall-cmd --permanent --add-port=53317/udp, et enfin sudo firewall-cmd --reload

Au terminal, la nouvelle interface suit la même logique que l’appli. Le dépôt montre l’envoi de plusieurs fichiers et dossiers en une commande, puis le choix de l’appareil de destination dans la liste détectée :

  • localsend-cli send report.pdf photo.jpg ./project-backup
  • Pour viser un appareil précis : localsend-cli send --to "Cute Tomato" report.pdf
  • Ou directement par adresse IP : localsend-cli send --to 192.168.27.26 report.pdf

Les dossiers partent récursivement et leur arborescence est recréée chez le destinataire. Une seule subtilité : les dossiers vides ne sont pas transmis, le protocole ne transporte que des fichiers.

Le même transfert vu depuis un iPhone : photos et vidéos s’enchaînent avec leur progression.

Source : LocalSend, capture officielle du site du projet.

Les limites, soyons honnêtes

  • Tout se joue sur le même réseau. Pas de relais Internet : si l’appareil n’est pas sur ton Wi-Fi, pas de transfert. Pour joindre une machine à distance, il faut créer un tunnel, par exemple ton propre réseau privé avec Headscale.
  • Pas de mise à jour automatique : hors boutiques d’applications, c’est à toi de suivre les versions.
  • La vitesse d’envoi depuis Android reste freinée par un problème connu du système, documenté honnêtement dans le dépôt.
  • Windows 7 n’est plus supporté au-delà de la version 1.15.4.
  • Et ce n’est pas un outil de synchronisation : LocalSend transfère, il ne réplique pas tes dossiers en continu comme le fait Syncthing.

Dernier point de vigilance, la compatibilité entre appareils. Les versions 1.17.0 et antérieures rencontraient des difficultés pour dialoguer avec les 1.18. La 1.18.2 a corrigé l’essentiel, mais la méthode la plus simple reste de mettre à jour tous tes appareils en même temps.

Verdict : la pièce qui manquait à ton réseau

LocalSend ne réinvente rien, et c’est précisément ce qui le rend indispensable. Il reprend la promesse d’AirDrop, l’étend à tous les systèmes, et la garde chez toi. Pas d’inscription, pas d’abonnement, pas de fichier qui dort chez un tiers.

Installe-le une fois sur tes appareils, et le vieux réflexe du fichier envoyé par e-mail disparaît tout seul.

Ton réseau local fait déjà circuler tes films, tes musiques et tes sauvegardes. Tes photos n’avaient plus qu’à suivre le mouvement.

Sources

LocalSend : le dépôt officiel du projet, avec le code, la licence et les téléchargements.

Les versions officielles : le détail de chaque mise à jour, dont les 1.18 d’août 2026.

Le site officiel : la présentation du projet et les canaux de téléchargement par système.

Le changelog officiel : les nouveautés détaillées version par version.

La documentation du protocole : la spécification publique du protocole LocalSend v2.



Recherche, relecture et illustration assistées par IA. Le contenu reflète le travail éditorial de la rédaction.

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