Illustration sombre et néon d'un écran de connexion Linux futuriste, avec circuits électroniques et verrou lumineux.

LightDM 1.33.0 : l'écran de connexion de ton Linux renaît après quatre ans

LightDM, l'écran de connexion utilisé par Linux Mint et Xubuntu, sort sa première version en quatre ans, avec de nouveaux mainteneurs et le support de Qt6.

Tu la croises à chaque démarrage sans jamais vraiment la regarder : l'écran où tu tapes ton mot de passe avant d'entrer dans ton bureau. Sur une bonne partie des machines Linux, ce petit logiciel s'appelle LightDM. Et il venait de passer quatre ans sans sortir une seule version.

Cette semaine, il est revenu d'entre les morts. LightDM 1.33.0 est arrivé après quatre ans de silence, porté par deux nouveaux mainteneurs. Pas de révolution au menu, mais un projet qui refuse de crever — et ça, c'est déjà une nouvelle.

C'est quoi, LightDM, et pourquoi tu le croises tous les jours

LightDM, c'est un gestionnaire de connexion : le programme qui affiche l'écran de bienvenue, vérifie ton mot de passe et lance ta session. Canonical l'avait créé pour Ubuntu en 2011, à l'époque d'Unity, pour remplacer GDM. Léger et simple à adapter, il a séduit bien au-delà d'Ubuntu.

Quand Ubuntu est repassé à GDM en 2017, LightDM n'est pas mort pour autant. Linux Mint l'utilise avec son greeter slick-greeter, Xubuntu et elementary OS aussi, tout comme plusieurs saveurs de Fedora. Si tu utilises l'un de ces systèmes, ton écran de connexion, c'est lui.

Quatre ans de silence, puis un sursaut

La dernière version, la 1.32.0, datait de juillet 2022. Depuis, plus grand-chose : Robert Ancell, le mainteneur historique, qualifiait lui-même le projet d'« essentiellement non maintenu », et l'activité s'était presque arrêtée en 2024. Beaucoup le pensaient mort.

La question de son avenir s'était posée publiquement, notamment chez Fedora, où plusieurs spins dépendent de LightDM pour leur écran de connexion. Sauf que deux bénévoles ont décidé de le ressusciter : Joshua Peisach, qui pilote Ubuntu Cinnamon, et Neal Gompa, contributeur Fedora, openSUSE et CentOS, ont repris la main avec l'accord d'Ancell. Le dépôt reste dans la famille GitHub d'Ubuntu, mais la gouvernance est devenue communautaire. Au passage, les futurs contributeurs n'ont plus besoin de signer le contrat de licence de Canonical.

Crédit : capture relayée par Its FOSS, page de sortie officielle de LightDM 1.33.0 sur GitHub — https://github.com/ubuntu/lightdm/releases/tag/1.33.0

Ce que change la version 1.33.0

D'abord, rien de cassé : pas de changement de dépendances ni de rupture. Les mainteneurs parlent d'une version « rattrapage » qui solde les correctifs accumulés depuis 2022 et les demandes restées en attente pendant des années.

La nouveauté principale, c'est le support de Qt6 pour la bibliothèque cliente. Les greeters basés sur Qt, comme celui de KDE ou Web Greeter, pourront être compilés avec la nouvelle génération de l'outillage, avec un meilleur support de Wayland et des écrans HiDPI. Qt5 continue de fonctionner, pas de panique.

Le reste, c'est une liste de correctifs bien concrets : le serveur VNC qui utilise enfin la commande configurée, la fin du déluge de messages d'erreur quand un module PAM manque, des corrections pour les configurations multi-écrans sous Wayland et un meilleur support de FreeBSD. LightDM gère aussi mieux le cas où un module PAM crée ou modifie le dossier personnel pendant la connexion, au lieu de supposer qu'il existe déjà. Sans oublier l'écran de connexion qui ne se fige plus quand tu annules ta saisie.

Mention spéciale pour le filet de sécurité : si LightDM échoue en boucle, systemd arrête de relancer le greeter et te renvoie vers une console avec des instructions, au lieu de te laisser devant un écran noir.

Pourquoi tu devrais t'en soucier

Parce que ton prochain démarrage passe probablement par LightDM. Si tu es sous Linux Mint, Xubuntu ou elementary OS, cette mise à jour va finir par arriver dans tes dépôts : Arch l'a déjà dans ses tests, Fedora Rawhide aussi, Debian unstable l'a intégrée, et Ubuntu devrait la backporter pour la 26.10.

Et parce que c'est une belle leçon sur l'open source : un projet abandonné par son sponsor peut survivre, à condition que des gens se lèvent pour le reprendre. On t'en parlait cette semaine pour le bureau KDE, dont Plasma passe en LTS trois ans, ou pour CachyOS qui prépare sa version serveur : les projets Linux bougent, même ceux qu'on croyait endormis.

Reste lucide : c'est un réveil, pas une révolution. Le projet cherche des contributeurs, et les deux mainteneurs posent deux conditions : prouver un bug avant de proposer un correctif, et ne pas déverser des patchs générés par IA sur un projet qui vient de renaître.

Crédit : capture relayée par UbuntuHandbook, l'écran de connexion de Linux Mint propulsé par LightDM — https://ubuntuhandbook.org/index.php/2026/08/lightdm-released-version-1-33-0-after-four-year-hiatus/

La prochaine fois que tu tapes ton mot de passe, pense à LightDM : il a failli disparaître en silence, et il est revenu pour continuer à faire son boulot. Parfois, la meilleure nouvelle, c'est celle qui ne change rien à ton quotidien — sauf que l'écran continue de s'allumer.

Sources

Its FOSS — « LightDM is Back From The Dead, But Canonical isn't in Charge Anymore »

OMG! Ubuntu — « LightDM returns from the dark with first release in 4 years »

UbuntuHandbook — « LightDM Released Version 1.33.0 After Four-Year Hiatus »

GitHub — ubuntu/lightdm, page de la release 1.33.0



Recherche, relecture et illustration assistées par IA. Le contenu reflète le travail éditorial de la rédaction.

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