Audacity 4.0 est sortie ce jeudi 3 septembre, et c'est loin d'être une mise à jour comme les autres. Après vingt-cinq ans de bons et loyaux services et plus de 100 millions de téléchargements, l'éditeur audio libre le plus connu du monde se refait une beauté complète : interface entièrement reconstruite, édition de clips repensée, nouveau format de projet. Une refonte de cette ampleur, le projet n'en avait pas connu depuis ses origines.
Alors, qu'est-ce que ça change pour toi ? Que tu montes un podcast, que tu enregistres ta guitare ou que tu nettoies une voix pour une vidéo, voici ce qu'apporte la version 4, et ce qu'elle retire au passage.
Une interface refaite de fond en comble
Le gros morceau, c'est l'abandon de wxWidgets, la bibliothèque d'interface historique du logiciel, au profit de Qt6, un outil graphique utilisé par des centaines d'applications, dont l'environnement de bureau KDE. Concrètement, ça donne quoi ? Une interface qui suit enfin ton écran : le rendu haute densité est géré nativement, fini le texte flou sur les écrans modernes.
Les barres d'outils et les panneaux se déplacent, s'ancrent ou se masquent. Trois espaces de travail sont fournis, Moderne, Classique et Musique, selon que tu montes un podcast ou que tu mixes. Thème clair, sombre ou contraste élevé, couleurs d'accent, couleurs de pistes : Audacity se personnalise comme un logiciel de 2026, pas de 2000. Les vieux modes d'outils (sélection, enveloppe, dessin, multi-outil) ont disparu au profit d'actions contextuelles : tu maintiens la touche S pour découper, le dessin d'échantillons apparaît quand tu zoomes au maximum. Et cerise sur le gâteau, l'équipe a changé le logo, avec l'audace qui va bien au nom.

9to5Linux, capture de la nouvelle interface d'Audacity 4.
L'édition de clips se modernise
C'est le changement qu'on attendait depuis des années. Un clip se sélectionne d'un clic sur son en-tête, tu en prends plusieurs avec Maj, tu les groupes, et le groupe reste soudé quand tu le déplaces, le copies ou le dupliques. Les clips passent librement d'une piste mono vers une piste stéréo, et si tu en superposes deux, la partie chevauchée est remplacée au lieu de bloquer le déplacement, comme ça le faisait jusqu'ici.
Le collage devient malin : Audacity crée une piste si besoin, adapte les canaux compatibles et avale même un fichier audio copié dans ton système. Guides d'alignement, magnétisme sur les frontières d'échantillons, réglages de magnétisme par projet : autant de détails qui rapprochent Audacity des logiciels de montage audio professionnels, sans les rendre lourds.
Un nouveau format de projet : le .aup4
Les projets passent au format .aup4, avec les vignettes de prévisualisation enregistrées directement dans le fichier. Tes anciens projets s'ouvrent et se convertissent sans toucher à l'original, mais attention : une fois converti, impossible de repartir en arrière, pas de sauvegarde possible dans l'ancien format. Les projets très anciens restent importables. Et l'écran d'accueil affiche tes projets récents avec des aperçus, ce qui paraît basique dit comme ça, mais qu'Audacity n'avait tout bonnement pas.

le site officiel d'Audacity, capture de la page de gestion des projets.
Des effets et des plugins remis à neuf
Toutes les fenêtres d'effets internes ont été reconstruites pour la nouvelle interface, avec une gestion des réglages cohérente entre effets destructifs et effets temps réel. Côté formats, la 4.0 gère les VST3, les scripts Nyquist, les LV2 sous Linux et les Audio Units sur macOS, et affiche des réglages générés quand un plugin n'a pas sa propre interface. Le spectrogramme, cette vue qui montre les fréquences d'un son, est redessiné avec un rendu plus rapide.
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Détail qui compte pour les enregistreurs sous Windows : la version officielle embarque enfin le support ASIO, une technologie d'accès direct aux cartes son, pour l'enregistrement et la lecture. Les en-têtes de pistes intègrent des vumètres de lecture et d'enregistrement en direct, un confort auquel on ne veut plus renoncer.

le site officiel d'Audacity, capture de la fenêtre de l'effet Compression.
Ce qui disparaît avec la version 4
Soyons honnêtes, parce que la note de sortie le dit elle-même : des fonctions d'Audacity 3 ne sont pas encore là. Les pistes temporelles, les pistes MIDI, le mixeur, le gestionnaire de macros et le scripting, l'hébergement des plugins VAMP et LADSPA, la lecture à vitesse variable : tout ça attend des versions futures. Le Sync-Lock, le verrouillage de synchronisation entre pistes, a été supprimé et remplacé par des variantes explicites du couper-coller qui préservent le rythme.
La version 3.7.9 d'Audacity, couverte ici même il y a quelques jours, reste ta meilleure option si tu tiens aux macros ou au scripting. Rien de dramatique pour l'usage courant, mais autant le savoir avant de migrer un projet important en pleine production.
Faut-il sauter le pas ?
Pour du montage audio simple, des podcasts, du nettoyage de voix : oui, sans hésiter. L'application est plus agréable, plus lisible, et elle reste gratuite et open source comme elle l'a toujours été. Le téléchargement se fait depuis le site officiel, avec une installation via MuseHub sous Windows et macOS ou une simple AppImage autoportante sous Linux.
Si ton flux de travail dépend des fonctions disparues, attends la prochaine itération. Vingt-cinq ans après ses débuts, Audacity prouve qu'un logiciel libre peut se réinventer en profondeur sans trahir ses utilisateurs. Et ça, peu d'éditeurs peuvent le dire.
Sources
l'annonce officielle sur le dépôt GitHub du projet, qui détaille chaque changement de la version 4.0.
Phoronix, qui a suivi la sortie et le passage de wxWidgets à Qt6.
OMG! Ubuntu, qui résume la nouvelle interface, l'édition de clips et le nouveau format de projet.
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Recherche, relecture et illustration assistées par IA. Le contenu reflète le travail éditorial de la rédaction.




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