Un agent IA qui bosse plusieurs heures d'affilée, gère ses outils, délègue à des collègues virtuels et reprend le travail après un crash : c'est ce que sait faire Codex, l'agent de développement d'OpenAI, dont le dépôt open source affiche plus de 123 000 étoiles sur GitHub. Depuis ce 10 septembre, ce moteur est accessible à tous les développeurs via la nouvelle Agents API, en bêta publique et sans frais supplémentaires : on ne paie que les tokens (les morceaux de texte que le modèle lit et écrit) et les outils réellement utilisés.
Pourquoi ça compte ? Parce que le plus dur dans un agent, ce n'est pas le modèle. C'est la plomberie : le contexte qui déborde, les appels d'outils qui s'enchaînent, les tâches qui durent des heures et tombent en panne à mi-chemin. OpenAI a construit cette plomberie pour son agent Codex. Avec l'Agents API, elle devient un service à part entière, et tu n'as plus qu'à brancher tes outils dessus.
Un agent complet en un seul appel
Dans la documentation officielle, l'exemple tient en quelques lignes : on décrit l'agent (le modèle, ici gpt-6-astra, ses outils comme la recherche web ou un serveur MCP, le protocole standard pour brancher des outils externes), l'environnement où il travaille, et la tâche à exécuter. Un seul appel crée une session, c'est-à-dire un espace de travail durable qu'on peut relancer, guider en cours de route ou interroger plus tard.
En version condensée, la requête ressemble à ça :
{
"agent": {
"model": "gpt-6-astra",
"tools": [{ "type": "web_search" }],
"multi_agent": { "enabled": true, "max_concurrent_subagents": 3 }
},
"environment": { "type": "openai_hosted" },
"input": "Analyse les incidents de la nuit et propose un plan de correction."
}Sous le capot, OpenAI fait tourner le harnais de Codex, ce moteur d'orchestration qui encadre le modèle, gère ses outils et supervise les sous-tâches. La promesse de l'API : ce travail d'orchestration, généralement pénible à écrire soi-même, est pris en charge par l'infrastructure d'OpenAI. Tu envoies des tâches, tu reçois des événements et des résultats.

Source : OpenAI, le schéma officiel de l'Agents API.
Ce que le moteur gère pour toi
Quatre briques ressortent de l'annonce.
- La compaction du contexte : quand la session approche de la limite de mémoire du modèle, l'API résume automatiquement ce qui a déjà été fait pour que l'agent continue sans repartir de zéro.
- La recherche d'outils : au lieu de charger la définition de centaines d'outils, l'agent ne charge que ceux dont il a besoin, ce qui réduit la facture en tokens.
- Les appels d'outils programmatiques : l'agent peut exécuter plusieurs appels en parallèle, enchaîner des opérations et filtrer les résultats directement dans le code.
- Les sous-agents : pour une tâche complexe, l'agent principal découpe le travail et le confie à des agents secondaires qui bossent en parallèle, chacun avec son propre contexte.
Détail qui compte : ce harnais est open source (licence Apache 2.0, le même code que le dépôt Codex). On peut donc inspecter ce qui orchestre les appels, même si c'est OpenAI qui le fait tourner.
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Trois environnements, du clé en main au chez-soi
L'agent a besoin d'un bac à sable, un espace isolé où il exécute du code, lit des fichiers et stocke ses résultats. Trois options : le bac à sable hébergé par OpenAI (le plus rapide à démarrer), ta propre infrastructure (tes serveurs, ton VPS), ou les solutions de partenaires comme Cloudflare, Vercel, DigitalOcean, Modal ou E2B.
Pour qui ne veut pas tout confier au cloud d'OpenAI, l'option auto-hébergée est la plus intéressante : le harnais reste managé par OpenAI, mais le code tourne chez toi.
Ce qu'il faut savoir avant de se lancer
Première limite : tout ça est en bêta publique, l'API peut donc encore changer. Deuxième limite, plus gênante : les données ne peuvent résider qu'aux États-Unis, et l'API ne supporte pas le mode ZDR (Zero Data Retention, l'option qui garantit qu'OpenAI ne conserve pas tes données après traitement). Choisir un bac à sable auto-hébergé ne change pas cette règle. Pour un projet pro sensible, c'est un point à vérifier avant de foncer.
Côté facturation, pas de surcoût pour l'API elle-même : le modèle est facturé à son prix normal, plus les outils et le bac à sable hébergé le cas échéant. OpenAI multiplie les lancements en ce moment : l'entreprise a aussi dévoilé aujourd'hui un ChatGPT destiné aux banques, comme on le racontait plus tôt dans
La généralisation des agents managés suit la même trajectoire que le SaaS il y a dix ans : on ne vend plus un modèle, on vend l'usine qui le fait travailler. La bêta est ouverte à tous, la documentation et le guide de démarrage sont en ligne. Reste à voir ce que ça donne en vrai, quand la facture en tokens commence à grimper.
Sources
OpenAI — l'annonce officielle de l'Agents API, avec le détail de la bêta et de la tarification.
La documentation officielle de l'Agents API — le guide de démarrage, les exemples de code et la liste des environnements supportés.
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Recherche, relecture et illustration assistées par IA. Le contenu reflète le travail éditorial de la rédaction.




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