Deux projets open source font le même pari : ton assistant IA ne doit pas vivre chez un géant du cloud, mais chez toi, sur ta machine, à tes ordres. Le premier s'appelle Hermes. Il vient de Nous Research, affiche près de 242 000 étoiles sur GitHub et se présente comme « l'agent qui grandit avec toi ». Le deuxième, c'est OpenClaw, le homard qui en revendique près de 389 000 et qui se dit « l'IA qui fait vraiment les choses ». Deux communautés immenses, deux logos cultes, et une question qui revient partout : lequel choisir ?
J'utilise les deux au quotidien depuis des mois, sur un vrai serveur, avec de vraies tâches : rapports programmés, veilles d'actualités, sauvegardes, rédaction. Pas un test d'un après-midi avec trois prompts copiés d'un tutoriel. Et ce face-à-face n'a pas de gagnant absolu : selon ce que tu veux lui confier, la réponse change du tout au tout.
Avoue : tu as déjà téléchargé un outil open source « qui allait tout changer », ouvert le terminal une fois, puis plus jamais. C'est exactement pour ça qu'il faut choisir un agent selon son tempérament, pas selon son nombre d'étoiles. Commençons par ce que ces deux bêtes partagent.
Ce qu'ils ont en commun
Premier point, et pas le plus petit : un agent, dans ce contexte, ce n'est pas un chatbot. Un chatbot répond. Un agent agit : il lance des commandes sur ta machine, lit et écrit des fichiers, fouille le web, et enchaîne plusieurs étapes tout seul pour atteindre un but que tu lui fixes en langage courant. Là où un assistant classique te dit comment faire ta sauvegarde, un agent te la fait.
Ensuite, les deux vivent dans tes messageries. Telegram, Discord, WhatsApp, Signal : tu écris « prépare-moi le résumé des actus du jour » depuis ton téléphone, et c'est ton serveur qui bosse. Côté modèles, même philosophie d'ouverture : branche ce que tu veux, un modèle hébergé par une grosse boîte, un modèle open source en local, ou ton propre point d'accès. Aucun des deux ne te force à rester chez un fournisseur.
Dernier dénominateur commun, et pas le moindre : les deux projets sont sous licence MIT. En clair, tu peux les installer, les modifier, les partager, et même t'en servir dans un cadre professionnel sans demander la permission à personne. Le code d'Hermes est écrit principalement en Python, celui d'OpenClaw en TypeScript. Et dans les deux cas, l'installation tient en une ligne de commande. Ce qui les sépare, c'est tout le reste.
OpenClaw, l'usine à outils du homard

Source : le dépôt officiel d'OpenClaw sur GitHub.
OpenClaw a connu une trajectoire hors norme. Créé fin 2025 comme un simple projet personnel, renommé deux fois en route (il s'est d'abord appelé Clawdbot, puis Moltbot, avant de s'imposer sous son nom définitif), il cumule aujourd'hui près de 389 000 étoiles et enchaîne les versions, la 2026.9.2 étant sortie le 5 septembre. On te le présentait ici même fin août à l'occasion de sa version 2.0 ; depuis, le compteur continue de grimper. Son architecture tient en un mot : le Gateway, c'est-à-dire un programme central qui tourne chez toi et orchestre tout, les sessions, les outils et les connexions aux messageries.
Sa force, c'est l'étendue. Les canaux officiellement gérés : WhatsApp, Telegram, Slack, Discord, Google Chat, Signal, iMessage. Des applications compagnons ajoutent la voix, la caméra, le partage d'écran. Des compétences et des plugins s'installent à la carte. Et si un jour tu veux partager l'assistant avec ta famille ou ton équipe, la même installation se transforme en serveur d'équipe juste en changeant la configuration.
Le revers de cette puissance, c'est la discipline qu'elle exige. La sécurité est explicitement à ta charge : les messages entrants sont traités comme suspects, chaque expéditeur inconnu doit être approuvé à la main, et la documentation te recommande chaudement d'isoler l'exécution des outils avant d'ouvrir le Gateway à d'autres gens. Autant le savoir avant de te lancer : ce homard est costaud, mais c'est toi qui tiens la laisse.
L'installation, fidèle au guide officiel, tient en quelques commandes.
- Sur macOS, Linux ou WSL2 : la commande curl -fsSL https://openclaw.ai/install.sh | bash télécharge et lance l'installeur officiel, qui s'occupe même de la bonne version de Node.js si besoin.
- Sur Windows : l'équivalent en PowerShell, iwr -useb https://openclaw.ai/install.ps1 | iex.
- Si tu gères déjà Node.js, version 22.22.3 ou plus récente : npm install -g openclaw@latest suffit.
- Au premier lancement, l'assistant d'accueil, lancé avec openclaw onboard --install-daemon, vérifie tes accès aux modèles, crée l'espace de travail et configure le Gateway. Ensuite, openclaw gateway status confirme que tout tourne, et openclaw dashboard ouvre l'interface de contrôle dans ton navigateur.
Compte un bon quart d'heure, connexion de la première messagerie comprise. Le plus long n'est pas la technique : c'est de décider ce que tu vas lui confier en premier.
Hermes, l'agent qui apprend de toi

Source : le dépôt officiel de Hermes Agent sur GitHub.
Signé Nous Research, Hermes affiche « seulement » près de 242 000 étoiles, mais l'écart avec OpenClaw ne raconte pas toute l'histoire. Son pari, c'est le compagnon du quotidien : là où un assistant classique repart de zéro à chaque conversation, Hermes construit une mémoire qui dure. Il note de lui-même ce qui compte dans tes échanges, il te relance régulièrement pour figer ce qu'il apprend, et il fouille ses anciennes sessions quand tu lui poses une question sur le passé. Pour ce volet mémoire, on avait déjà comparé trois approches ici même, et celle d'Hermes coche la case « mémoire d'expérience ».
Le mécanisme le plus étonnant, ce sont les skills, des compétences rédigées sous forme de petites fiches que l'agent écrit lui-même après une tâche réussie. Tu lui fais faire une procédure une seule fois ? Il en tire une fiche réutilisable, puis l'améliore à chaque usage. C'est une boucle d'apprentissage fermée : il apprend, il applique, il corrige sa méthode, sans que tu touches à rien. Il sait aussi déléguer à des sous-agents qui travaillent en parallèle quand la tâche se découpe.
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L'autre pilier, c'est l'automatisation. Un planificateur intégré exécute des scénarios en langage naturel : un brief météo chaque matin, une veille d'actualités toutes les deux heures, un audit hebdomadaire, avec le résultat livré directement dans Telegram. C'est le profil majordome de fond : il travaille quand tu dors, et tu retrouves le travail au réveil sur ton téléphone.
L'installation suit la même recette que chez le homard. Sur Linux, macOS ou WSL2 : curl -fsSL https://hermes-agent.nousresearch.com/install.sh | bash. Sur Windows, un script PowerShell natif s'occupe de tout : iex (irm https://hermes-agent.nousresearch.com/install.ps1), sans passer par WSL. L'installeur gère l'environnement Python, les dépendances et les outils. Ensuite, tu tapes hermes dans un terminal, et tu discutes.
Le duel, côté quotidien
Sur la durée, la différence se sent d'abord dans la relation. Hermes se souvient de tes projets d'une semaine sur l'autre, anticipe tes formats habituels, s'améliore sur les tâches répétitives. OpenClaw gère sa mémoire avec des fichiers lisibles que tu peux ouvrir et corriger à la main, une approche très transparente, mais la boucle d'apprentissage automatique n'est pas au cœur de sa philosophie. Si tu veux un assistant qui se bonifie tout seul au fil des mois, Hermes prend une longueur.
À l'inverse, sur l'étendue des connexions, OpenClaw file devant. iMessage et Google Chat en standard, les applications compagnons pour la voix et la caméra, le mode équipe qui transforme ton installation en service partagé : le périmètre couvert est plus large, et ça se voit dès que tu veux brancher un service un peu exotique. Sa cadence de publication effrénée corrige vite les pépins, mais elle demande aussi de suivre les changements plus souvent.
Côté stabilité, mon vécu penche pour Hermes : sur un serveur qui tourne des mois, ses mises à jour sont passées sans casse, pendant qu'OpenClaw s'est une fois retrouvé planté après une mise à jour, avec une réparation complète à la clé. C'est le prix des projets qui avancent très vite : plus ça bouge, plus ça casse parfois. Pour être honnête jusqu'au bout, la communauté du homard m'a dépanné en une journée, preuve qu'une énorme communauté, ça sauve aussi.
Sur la sécurité, les deux documentations disent la même chose avec des accents différents. OpenClaw part du principe que tout message entrant est hostile jusqu'à preuve du contraire, avec une approbation manuelle des correspondants inconnus. Hermes ne répond par défaut qu'aux expéditeurs que tu as autorisés. Dans les deux cas, la règle reste la même : c'est ton serveur, donc c'est ta responsabilité. Un agent qui peut lire tes fichiers peut aussi, mal configuré, les exposer.
Lequel pour quel usage ?
Pose-toi une seule question : qu'est-ce que tu veux lui déléguer en premier ?
- Un majordome personnel qui retient tes habitudes, s'améliore tout seul et tourne des mois sans entretien : Hermes coche la case.
- La couverture de messageries la plus large, un écosystème d'extensions et un mode équipe : OpenClaw est taillé pour ça.
- Tu démarres et tu veux le plus discret au quotidien : les deux s'installent en une ligne, mais l'agent compagnon se laisse oublier plus facilement quand tout fonctionne.
- Tu aimes les dizaines de réglages, les mises à jour qui pleuvent et une communauté géante pour échanger : le homard te tend les pinces.
Alors, on branche qui ?
Ce duel n'est pas près de se refermer : les deux projets publient à un rythme qui rend toute conclusion périmée dans trois mois. Mais la vraie question n'a jamais été « lequel est le meilleur », plutôt « lequel ressemble à ta façon de travailler ». Un assistant, ça se choisit comme un chien : pas pour sa race, pour son caractère.
Et si tu hésites encore, installe les deux. Ils tiennent chacun dans un coin de serveur, ils ne se parlent pas, et tu sauras en une semaine lequel te manque le plus. C'est exactement comme ça que ce test a commencé ici.
Sources
Hermes Agent sur GitHub : le dépôt officiel du projet, avec sa documentation et ses instructions d'installation.
OpenClaw sur GitHub : le dépôt officiel du homard, ses versions et les chiffres de sa communauté.
La documentation d'OpenClaw : le guide de démarrage et la checklist de sécurité à lire avant d'ouvrir son Gateway.
La page produit de Hermes Agent : la présentation officielle de l'agent et de ses fonctions, côté Nous Research.
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Recherche, relecture et illustration assistées par IA. Le contenu reflète le travail éditorial de la rédaction.




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