Le 12 août, un utilisateur du dark web qui se fait appeler ZeroBytes a mis en vente un fichier contenant, dit-il, les données fiscales de 678 438 Français. Pour prouver son coup, il a publié un échantillon de plus de mille fiches très détaillées. L’administration fiscale confirme un accès illégitime fin juin, sans confirmer le vol. Voici ce qu’on sait vraiment.
Ce que raconte le pirate

Capture : JustGeek / impots.gouv.fr — la page d’accueil de l’administration fiscale. justgeek.fr
ZeroBytes affirme s’être introduit dans les serveurs de la DGFiP le 26 juin. Il dit avoir récupéré un accès VPN vers les outils internes de l’administration, dont un qui permet de rechercher les particuliers et les professionnels dans les bases fiscales. Il a commencé à aspirer les données de façon automatisée avant d’être déconnecté.
Il revendique 678 438 enregistrements et assure que l’outil permettait d’en consulter plusieurs dizaines de millions. Pour crédibiliser son annonce, il a publié un échantillon de 1 126 fiches, examiné par JustGeek. On y trouve nom, prénoms, date et lieu de naissance, adresse, situation familiale, revenu fiscal de référence, taux de prélèvement à la source, identifiant fiscal, e-mail, téléphone, et même l’historique des demandes adressées à l’administration.

Capture : JustGeek — l’annonce du pirate ZeroBytes sur un forum du dark web. justgeek.fr
Ce que la DGFiP confirme
La DGFiP a reconnu un « accès illégitime » au système d’information fin juin, de la part d’un acteur malveillant, rapporte Libération. Elle n’a en revanche pas confirmé le vol des données ni le chiffre de 678 438 fiches.
Le contexte ne joue pas en faveur de la sérénité. En février 2026, l’administration avait déjà confirmé une intrusion dans le Fichier national des comptes bancaires (FICOBA) via les identifiants volés d’un agent : environ 1,2 million de comptes avaient été consultés frauduleusement. Cette fois encore, un accès interne est au cœur de l’histoire.
Le mode opératoire décrit par ZeroBytes est d’ailleurs classique : pas d’exploit spectaculaire, mais des identifiants et un VPN interne. C’est le scénario des « accès légitimes détournés » qui domine les grosses fuites récentes : l’attaquant entre par la porte, pas par la fenêtre. D’où l’importance de la double authentification et de la surveillance des comptes à privilèges, y compris dans les administrations.
Pourquoi c’est sérieux même sans confirmation
Les données publiées dans l’échantillon sont réelles et très détaillées. Si la fuite se confirme, c’est de la matière première parfaite pour l’usurpation d’identité et le phishing ciblé : un message qui cite ton revenu fiscal et ton taux de prélèvement sera bien plus crédible qu’une arnaque générique.
Le réflexe n°1, c’est de se méfier de tout SMS ou e-mail qui se prétend des impôts et demande une action. Les arnaqueurs exploitent systématiquement ce genre d’annonce, comme avec les 1,7 milliard d’identifiants français déjà dans la nature.
Les bons réflexes
Ne clique jamais sur un lien reçu par SMS ou e-mail qui prétend venir des impôts : va directement sur impots.gouv.fr. Change les mots de passe réutilisés ailleurs et active la double authentification sur tes comptes sensibles. Si tu as subi un virement frauduleux, signale-le sur la plateforme Perceval.
Et garde en tête le calendrier : l’accès illégitime date de fin juin. Les données, si elles sont réelles, circulent depuis des semaines. Ce n’est pas parce que la DGFiP ne confirme pas le vol que tes informations ne sont pas déjà entre de mauvaises mains.
Si tu veux vérifier si tes données traînent dans une fuite connue, des outils comme Have I Been Pwned ou les sites spécialisés dans le recensement des fuites permettent de faire une recherche par adresse e-mail. Ce n’est pas une garantie, mais c’est un premier indicateur gratuit, et ça vaut mieux que de croiser les doigts.
Une dernière nuance : les administrations françaises ont tendance à communiquer avec retard sur ce genre d’incident. Si le vol est confirmé dans les prochaines semaines, la DGFiP devrait prévenir les personnes concernées et proposer des mesures. En attendant, personne ne peut te dire avec certitude si ta fiche fait partie des 678 438 volées, ce qui rend la prudence d’autant plus nécessaire.
La DGFiP n’a pas confirmé le vol, mais l’échantillon, lui, est là. En attendant, considère que tes données fiscales sont peut-être dans la nature et traite chaque message « des impôts » comme suspect. C’est le seul réflexe qui ne coûte rien.
Sources
JustGeek, « Impots.gouv.fr : les données de 678 438 contribuables auraient été volées », 13 août 2026 : justgeek.fr
Frandroid, « Fuite de données aux impôts : 678 000 comptes seraient concernés », 13 août 2026 : frandroid.com
Libération, « La Direction générale des Finances publiques victime d’un accès illégitime fin juin », 13 août 2026 : liberation.fr
Paris Match, « Impôts : un hacker dérobe les données fiscales de plus de 678 000 personnes », 13 août 2026 : parismatch.com
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