Chrome arrive enfin sur Linux ARM64. Google a ajouté les paquets 64 bits pour Debian, Ubuntu, Fedora et openSUSE, après avoir promis cette version au printemps. Pour les personnes qui utilisent un Raspberry Pi, un portable Snapdragon ou une petite machine ARM, la nouvelle est concrète : le navigateur officiel ne dépend plus d’un bricolage communautaire. Mais Google a rangé le bouton de téléchargement dans un tiroir, histoire de ne pas rendre la bonne nouvelle trop simple.
Ce que Chrome change vraiment sur une machine ARM
Jusqu’ici, Linux ARM64 disposait déjà de Chromium et de plusieurs navigateurs basés sur Chromium. Le problème n’était donc pas de voir une page web. Il concernait tout ce qui gravite autour du Chrome de Google : la synchronisation du compte, les extensions du Chrome Web Store, certaines intégrations maison et le support des contenus protégés.
Google avait annoncé en mars une version ARM64 pour Linux au deuxième trimestre 2026. La promesse visait notamment les machines comme le DGX Spark de NVIDIA, mais elle concernait aussi le matériel beaucoup plus banal. Le paquet qui vient d’apparaître est destiné aux systèmes Linux 64 bits utilisant un processeur ARM ; il ne transforme pas un vieux modèle 32 bits en ordinateur moderne, et il ne remplace pas le noyau Linux fourni par la distribution.
Pour un utilisateur, le gain le plus visible est la continuité. Tu peux retrouver tes favoris, tes mots de passe, tes réglages, tes onglets et tes extensions comme sur un autre ordinateur Chrome. Ce n’est pas spectaculaire sur une fiche technique, mais c’est exactement le genre de détail qui évite de reconfigurer sa vie numérique à chaque changement de machine.

Illustration : carte Raspberry Pi 4 B. Source : Batocera Team, Wikimedia Commons, fichier placé sous licence CC0 — https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Raspberry_Pi_4_B.png — image originale : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2a/Raspberry_Pi_4_B.png
Le paquet officiel existe, mais le parcours reste bancal
Linuxiac a constaté le 3 août que la page de téléchargement de Chrome propose désormais des paquets DEB et RPM ARM64. Le premier vise Debian et Ubuntu ; le second concerne Fedora et openSUSE. L’installation suit le chemin habituel : tu récupères le paquet adapté à ton système, tu l’installes avec le gestionnaire de paquets, puis le dépôt logiciel de Google est ajouté pour recevoir les futures mises à jour.
Le détail pénible est que la détection de la page n’est pas encore parfaitement alignée sur la disponibilité réelle. OMG! Ubuntu a testé le paquet sur un Raspberry Pi 5 sous Ubuntu et rapporte que la page lui proposait encore l’installeur AMD64, inutilisable sur ARM. Le paquet direct stable est disponible ici : https://dl.google.com/linux/direct/google-chrome-stable_current_arm64.deb. Vérifie donc l’architecture avant de cliquer, sous peine de télécharger le mauvais fichier avec la confiance tranquille d’un assistant qui n’a pas lu la consigne.
Autre nuance : Google n’a pas publié, au moment du lancement, une annonce dédiée dans son blog Chrome Releases ni une page de support détaillant ce canal Linux ARM64. Le projet n’est pas pour autant un paquet anonyme : il est servi depuis l’infrastructure officielle de Google et le dépôt est signé comme les autres paquets Chrome. Mais l’absence de communication claire invite à garder une sauvegarde et à tester sur une machine secondaire si tu dépends de ce poste pour travailler.
Synchronisation, extensions et vidéo : les vrais bénéfices
Le premier avantage face à Chromium est la synchronisation du compte Google. Les distributions peuvent fournir un Chromium parfaitement fonctionnel, mais elles ne livrent pas automatiquement toutes les briques propriétaires de Chrome. Avec le paquet officiel, les favoris, l’historique, les onglets et les extensions suivent le même compte que sur les autres versions prises en charge.
OMG! Ubuntu indique également que Widevine est inclus dans le paquet ARM64. C’est important pour les plateformes qui protègent leurs vidéos par DRM, même si cela ne promet pas une qualité illimitée. Sous Linux, les contraintes liées au niveau de sécurité du DRM peuvent toujours limiter la définition ou certaines fonctions ; le simple fait d’avoir le module ne transforme pas un Raspberry Pi en lecteur 4K certifié par magie.
Les performances dépendront évidemment de la machine. Un Raspberry Pi 5, un portable Snapdragon et un petit ordinateur ARM de bureau ne jouent pas dans la même catégorie. Le test publié par OMG! Ubuntu rapporte une lecture fluide en 1080p et en 2K sur Raspberry Pi 5, tout en signalant des saccades en 4K. Ce retour est utile, mais il reste un test de terrain, pas une garantie universelle : le refroidissement, la mémoire et l’accélération vidéo changent la donne.
Ce que cette arrivée ne règle pas encore
D’abord, Chrome reste un logiciel propriétaire. Son arrivée ne rend pas les services Google plus privés et ne change pas la licence de Chromium. Si ton objectif est de réduire la collecte de données, l’installation d’un paquet officiel Chrome répond à un problème de compatibilité, pas à une question de confidentialité.
Ensuite, la disponibilité des paquets ne signifie pas que toutes les distributions ARM64 sont couvertes. Debian, Ubuntu, Fedora et openSUSE sont les cas cités ; les systèmes plus exotiques devront attendre un paquet compatible ou continuer avec Chromium. Les variantes 32 bits sont hors sujet, et un processeur ARM ne suffit pas : il faut un environnement Linux 64 bits.
Enfin, le lancement discret complique la vérification. Une annonce officielle, une page de support à jour et une détection fiable de l’architecture auraient évité les liens directs et les essais à l’aveugle. Le logiciel est arrivé avant le mode d’emploi, ce qui est une tradition assez répandue dans la tech pour mériter son propre paquet.
Un vrai choix de navigateur, avec une petite astérisque
Chrome ARM64 rend Linux plus crédible pour les personnes qui veulent garder leur navigateur, leurs extensions et leurs services en passant sur une machine ARM. Le paquet officiel, les mises à jour par dépôt et la présence de Widevine ferment plusieurs trous qui obligeaient à choisir entre Chromium et des solutions bricolées. Pour l’instant, il faut simplement contrôler l’architecture, conserver un plan de retour et accepter que la documentation arrive après le fichier .deb.
Sources
Google Chrome Team, « Bringing Chrome to ARM64 Linux Devices », 12 mars 2026 — https://blog.google/chromium/bringing-chrome-to-arm64-linux-devices/ — annonce du projet, des usages visés et du calendrier initial.
Bobby Borisov, Linuxiac, « Google Chrome Quietly Arrives on ARM64 Linux », 3 août 2026 — https://linuxiac.com/google-chrome-quietly-arrives-on-arm64-linux/ — vérification de la disponibilité des paquets DEB et RPM.
Joey Sneddon, OMG! Ubuntu, « Download Google Chrome for Arm64 Linux now », juillet 2026 — https://www.omgubuntu.co.uk/2026/07/chrome-arm64-linux-available — test sur Raspberry Pi 5, synchronisation, Widevine et limites du téléchargement.
Wikimedia Commons, « Raspberry Pi 4 B.png », Batocera Team — licence CC0 — https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Raspberry_Pi_4_B.png — visuel documentaire utilisé dans l’article.
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Recherche, relecture et illustration assistées par IA. Le contenu reflète le travail éditorial de la rédaction.




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